Édito du Maire

Le Maire de Rochecorbon, Bernard PLAT
Bernard PLAT, Maire de Rochecorbon

Interview de Bernard PLAT (janvier 2020)

J.G : Douze ans en tant que Maire, c'est long ou court ?
B.P : J'aurais plutôt tendance à dire que c'est court. C'est court pour la bonne raison qu'il y a des projets qui ont été entamés dans mon premier mandat, qui vont voir le jour seulement dans le mandat qui va commencer après les élections. Le temps passe très vite et si on veut voir aboutir les projets, si l’on veut qu'ils soient réalisés, sur un mandat on ne voit rien.


J.G : Alors pourquoi partir ?
B.P : Pourquoi partir ? Parce que j'en ai déjà fait deux, je n'ai d’ailleurs jamais dit que j'en ferais un ou deux. Les irconstances ont fait que j'en ai fait deux. Dans le premier mandat, nous sommes sortis de la Communauté de Communes du Vouvrillon pour entrer avec grande difficulté dans l'agglomération tourangelle. Mon premier mandat
allait de mars 2008 à mars 2014 et la commune de Rochecorbon comme celle de Chanceaux-sur-Choisille et 
de Parçay-Meslay sont entrées dans l’agglomération le 1er janvier 2014. Par honnêteté morale envers les rochecorbonnais, je me suis dit que je devais accomplir le deuxième pour participer à l'entrée de la commune
dans l'agglomération.


J.G : Mais alors, pourquoi pas ? Pourquoi pas un troisième ?
B.P : Je l'ai dit dès le deuxième semestre 2014, je l'ai rappelé dans mon dernier discours des voeux du maire. La seule raison de mon départ, c'est simplement l'âge, car je vais avoir 71 ans, très précisément le 15 mars.


J.G : Et alors on est vieux à 71 ans ?
B.P : Non, on n'est pas vieux à 71 ans. Mais 71 + 6, durée d'un mandat ça fait 77. Et après, les choses peuvent aller
très vite. C'est la vie qui nous quitte, comme je dis parce que je suis un optimiste, ce n’est pas nous qui quittons la vie, c'est la vie qui nous abandonne et qui nous laisse en chemin. Et avant que la vie m'abandonne, je souhaite assouvir quelques rêves de jeunesse tels que la lecture d'un certain nombre d'ouvrages et plus encore, certains voyages comme l'Islande ou la Nouvelle-Zélande ou le Groenland. Voilà !

J.G : Les pays froids !
B.P : Les pays froids, il y a aussi les pays chauds parce que je fais un petit peu d'humanitaire au Bénin depuis une dizaine d'années et que je voudrais en réaliser un peu plus.


J.G : Décrivez-nous une journée type de Maire ? Ça commence à quelle heure ? Ça se finit à quelle heure ?
Qu’est-ce qui se passe ?
B.P : Ça commence on va dire entre 7:30 et 8:15. Ça se finit entre 20:00 et 23:00 ou un peu plus ça dépend de ce qu'il y a la métropole ou même ici quand il y a des réunions publiques. Mais la journée type, je ne sais pas s’il y en a une en fin de compte. On va dire que ça commence par signer les parapheurs, c'est à dire signer le travail qui a été contrôlé par notre Directrice Générale des Services avant qu'il m’arrive. Donc, c'est le travail de la veille des employés de la mairie. Ensuite, il y a tous les appels téléphoniques pour des petites choses diverses et variées, quelquefois avariées aussi, qu'il faut régler, les trous à boucher, le voisin qui n’est pas content de son voisin, etc. J'en passe et des meilleures. Puis il y a surtout tous les imprévus qui font que la journée du Maire, en règle générale, ce qu'on a prévu de faire, on ne le fait pas.


J.G : C’est pour le lendemain alors ?
B.P : C'est pour le lendemain oui ou tard le soir.


J.G : Quel est votre plus grand succès en tant que Maire ? Ou la chose dont finalement vous êtes le plus fier ?
B.P : Je n’aime pas le mot fier mais d'avoir réinscrit sur la façade de la Mairie « Liberté, Egalité, Fraternité » qui avait disparu lors de travaux dans les années 75 et qui n'avait jamais été remis est une réelle satisfaction. Ce fut une très belle journée sur le plan de l'émotion, puisque j’avais fait venir pour cette cérémonie très Républicaine, Madame Rol-Tanguy pour symboliser la liberté, le préfet Fily pour symboliser l'égalité, et Eva Schloss, qui est une cousine ou petite
cousine d'Anne Frank par contumace pour symboliser la fraternité.


J.G : Votre plus grand regret ?
B.P : Plus grand regret ! Je ne suis pas un homme qui vit avec les regrets. Mais j’ai été meurtri par le suicide de Jean Germain et les insultes publiques qui m’ont contraint à ester en justice. Ça ne sert à rien les regrets qu'à se faire mal. Et puis avoir des regrets, c’est regarder derrière et je regarde toujours devant. Le passé vous bouche la vue, l’horizon vous attire.


J.G : Votre plus grand éclat de rire ?
B.P : (Rires) Alors ça, je n’en sais rien.


J.G : Vous préférez faire rire les autres plutôt que rire vous-même ?
B.P : Parfois faire rire les autres ça m'amuse. C'est vrai, à défaut de me faire rire. Et je dis depuis très longtemps que les vrais marrants sont toujours de faux tristes. Regardez le visage des clowns.


J.G : Votre plus grande colère ?
B.P : Ma plus grande colère ? Après l'administration, sans doute, oui.


J.G : Pourquoi ?
B.P : La lourdeur, la lenteur, l'inhumanité aussi sur certains sujets.


J.G : Pourquoi l’inhumanité ?
B.P : L'administration est un animal à sang froid. Les textes, les règles, prévalent sur toute notion sentimentale et donc d'humanité. Cependant les règles sont nécessaires, mais il n'y a pas de discernement dans leur application. C'est quelquefois très frustrant dans la vie d'un Maire au quotidien car on a le sentiment de se renier.

(Interview complet dans la dernière Lanterne)