Historique

Rochecorbon : commune préservée, empreinte d’histoire et de légendes.

 

En dix minutes, le visiteur voyage de la ville à la campagne, accueilli par cette grande dame mystérieuse haute de dix mètres qu’est la tour de la «Lanterne». Balzac écrivait de cette dernière en 1820 :

«Elle se dessine sur un paysage charmant». En effet, de nombreux oiseaux viennent s’abriter dans cet environnement protégé (le loriot, le canard souchet, le grèbe esclavon, la mésange nonette, l’engoulevent, la chouette hulotte…) et quantité d’espèces florales, dont la « tulipe de vignes », s’y épanouissent.

Ce n’est pas un hasard si aujourd’hui encore, la commune de Rochecorbon est préservée, grâce à une véritable barrière verte faite de vignes et bordée par la Loire : au IVème siècle, Saint Martin, évêque de Tours, fondait la célèbre abbaye de Marmoutier, où les nombreux moines cultivèrent les vignes, qu’ils étendirent sur les coteaux de Rochecorbon et de Vouvray. Ils améliorèrent et enseignèrent la culture de la vigne, dont la renommée guidait la plume de Rabelais : « A Vouvray, le nom, à Rochecorbon, le renom ». Le vin, pluriel, était exporté par voie fluviale jusqu’à Nantes pour partir vers Les Flandres et la Hollande. L’abbaye fut aussi un lieu de culture où l’on copiait les manuscrits et conservait les connaissances, en particulier historiques. Fidèle à cette vocation, depuis plus d’un siècle, ce centre de vie chargé d’histoire est devenu un établissement d’éducation privé.

Ce qui attire d’emblée l’attention du passant, ce sont des grottes naturelles, aménagées de multiples portes, fenêtres, escaliers. Elles furent occupées par les hommes et les femmes du paléolithique. L’histoire de Rochecorbon est très ancienne, comme l’atteste à son tour l’existence d’un oppidum gaulois (camp retranché).

La commune troglodytique du bord de Loire ne s’est pas toujours appelée Rochecorbon : au nom de Vodanum succédèrent « Roche Hardouin », Notre Dame des Vosnes puis Vosnes le Crochet. Vers 1450, le château des Roches dominant la ville, joint au nom de la famille qui le posséda, les « Corbons », donna le nom de Rochecorbon.

Au XIIIème siècle, Hugues de Rochecorbon, petit fils de Corbon des Roches, premier seigneur de Rochecorbon, devint Abbé de Marmoutier et reconstruisit l’abbaye détruite en 853 par les normands. Il fut le bâtisseur de la Grange de Meslay, ancien prieuré dépendant de Marmoutier. A cette époque, plus de 100 prieurés dépendaient de l’abbaye, alors très prospère.

Au moyen âge, des liens étroits existaient entre les Seigneurs de Rochecorbon, l’Eglise de Tours et l’abbaye de Marmoutier. En 1789, 1/5ème des terres appartenaient soit au clergé, soit au duc de Luynes (seigneurs de Rochecorbon). L'Abbaye fut vendue comme bien national en 1798 et plus tard la plupart des bâtiments, église, cellules de moines, furent démolis. De nombreuses chapelles ont disparu. Subsistent les églises de Rochecorbon (Notre Dame des Vosnes) et de St Georges, qui datent du XIème siècle.

En 1808, la paroisse de St Georges sur Loire fut rattachée à la commune : une chance pour Rochecorbon, puisque aujourd’hui encore, la Chapelle St Georges, partiellement troglodyte, abrite une crypte taillée dans le tuffeau, un vitrail d’origine et des fresques romanes, conservées grâce à la chaux dont furent recouverts les murs à différentes époques. Grâce à son environnement préservé, son histoire et la diversité de ses activités économiques et culturelles, la commune attire les rêveurs et promeneurs de tous âges et propose à ses habitants, calme et douceur de vivre, à deux pas de la grande ville.